Salamatou Harouna : une enseignante dévouée à la cause des malvoyants à Gaya
Née en 1977 à Zinder, mariée et mère de trois enfants, Salamatou Harouna est une femme de taille moyenne, au teint clair, intelligente et curieuse. Elle est surtout connue pour son dévouement à la cause des enfants handicapés, en particulier les malvoyants, dans le département de Gaya où elle est actuellement en service. Elle imprime et enseigne le braille.
« L’idée d’aider les élèves malvoyants m’est venue quand je travaillais à Dosso. J’étais entourée d’enseignants malvoyants. J’étais impressionnée et fascinée par leur manière de préparer les leçons, de dispenser les cours et le matériel qu’ils utilisaient. »
« J’étais très curieuse, je les observais avec attention. J’ai fini par les approcher pour leur faire part de mon désir d’apprendre et de servir les élèves malvoyants, afin de les aider et les éloigner de la mendicité. »
Salamatou Harouna a entamé sa carrière d’enseignante durant l’année scolaire 2002-2003. Elle saisit chaque opportunité qui s’offre à elle pour enrichir ses compétences.
« Je fais partie des rares enseignants dans le domaine de l’éducation inclusive qui n’ont pas reçu de formation de base. En cinq ans de carrière, je n’ai participé qu’à une seule formation de cinq jours sur l’imprimerie braille.
Ma détermination est grande, mais je fais face à de nombreuses difficultés, notamment le manque de papier braille et de plastique pour plastifier les documents destinés aux élèves du primaire, du collège et même du lycée.
Il nous arrive de solliciter les autorités locales pour l’achat de ces fournitures, mais parfois, nous les payons nous-mêmes, bien qu’elles soient coûteuses. »
« Nous avons également besoin de formations de recyclage pour améliorer notre travail. »
Malgré sa bravoure et sa détermination, elle ne bénéficie d’aucune prime liée à ses fonctions :
« Je m’efforce de donner le meilleur de moi-même pour servir cette frange de la population. J’exerce ce travail avec abnégation et une passion sans précédent, bien que je n’aie jamais reçu d’augmentation de salaire depuis ma nomination à ce poste.
L’essentiel, pour moi, c’est d’offrir aux malvoyants la chance d’accéder à une éducation de qualité, comme tous les autres enfants. »
Les collègues de Salamatou lui vouent une grande admiration. C’est le cas de Souleymane Sanda, chef de la cellule braille à la Direction régionale de l’enseignement de Dosso :
« C’est le courage et la détermination de Salamatou Harouna Dabey qui lui ont valu le poste qu’elle occupe aujourd’hui.
Au-delà de sa passion pour son métier, elle se donne à fond pour que les enfants vulnérables puissent étudier dans de bonnes conditions. Je l’encourage à poursuivre sur cette voie. »
Sa mère, Mme Mamane Balki, partage également son admiration :
« J’admire le travail acharné que Salamatou accomplit pour assurer l’éducation des enfants malvoyants à Gaya. Elle s’en soucie énormément et les traite comme ses propres enfants.
Même malade, elle reste toujours disponible pour répondre aux besoins spécifiques de ses élèves. Je me souviens du jour où, clouée au lit par la maladie, elle a pris un taxi-moto pour aller traduire les devoirs de deux élèves malvoyants du lycée. »
Courtoise et calme, Salamatou occupe ce poste avec passion et détermination. Elle remercie chaleureusement tous ceux qui la soutiennent :
« Je remercie ma famille, mes amis, mes collègues, mes supérieurs, ainsi que toutes les personnes qui, de près ou de loin, m’apportent leur soutien moral, technique et financier pour mener à bien cette noble mission. »
SEYNI YAYE
Balkissa Hamidou





