‘’Gara’’ : un Impératif pour la dignité de la jeune mariée
Au Niger, dans les zones haoussa, particulièrement dans la région de Zinder, il existe une pratique ancestrale, qu’on appelle ‘’Gara’’. cette pratique oblige, la famille de la jeune mariée à offrir, un important lot de vivres et de condiments et même de l’argent, au jeune marié, en guise de cadeau ou de soutien, âpres la célébration du mariage. C’est un geste symbolique, qui aidera le jeune marié, à économiser de l’argent, d’avoir un fond de commerce. C’est une sorte de compensation, pour que le jeune marié puisse reprendre le train de sa vie, sans difficulté majeure, après avoir dépensé beaucoup d’argent lors du mariage. C’est aussi une façon, pour la famille de la jeune mariée, de sauver l’honneur et la dignité de leur fille. C’est encore une manière, pour la famille de la jeune de donner plus de valeur, à leur fille dans sa communauté.
Selon un vieux, que nous avons rencontré, au quartier Zongo de Zinder, ‘’Gara’’ est une tradition ancestrale ancrée dans plusieurs localités du Niger, précisément dans les zones haoussa. C’est l’une des conditions, siné qua non, pour maintenir le mariage pendant longtemps. « C’est à la famille de la jeune mariée qu’il revient de prendre en charge ce ‘’gara’’, constitué souvent des sacs de riz, de mil, de sorgho, de maïs, de blé, du sel ainsi que des condiments. » A-t-il indiqué.
La dignité de la jeune mariée en jeu !
Si, ce ‘’gara’’ est obligatoire, c’est pour préserver la dignité de la jeune mariée, aux yeux de sa belle famille, de ses amies et de la communauté toute entière. Une jeune mariée qui n’apporte pas du ‘’gara’, à son mari sera mal vue par la société. Elle sera critiquée. Pour qu’elle soit respectée, ces parents se doivent de fournir ce lot de vivre et une somme d’argent dénommé ‘’gara’’. Ce qui du coup, empêche à la jeune mariée et sa famille d’être stigmatisée, tout en sauvegardant leur dignité. A Zinder, c’est au père de la jeune mariée, qu’il revient la responsabilité de fournir ce ‘’gara’’ à son beau fils. Selon Amadou Sabo, ce père de famille que nous avons rencontré dans la ville de Zinder : « Le coût du ‘’gara’’, s’élève de 300 000 FCA à plus.» elle varie d’une famille à l’autre et de leur capacité financière. Cependant, il y a : «Des familles moins nantis qui essayent d’imiter les plus nantis », affirme Oumarou Issa le président du conseil des personnes âgées de Zinder.
L’idée du ‘’gara’’
L’idée du ‘’gara’’ est d’aider, le jeune couple, à démarrer une vie conjugale de manière décente. Avant le mariage, le jeune marié fournit beaucoup de cadeaux, à la jeune mariée et à ses parents. Après le mariage ce dernier se retrouve dans une situation financière difficile. C’est ainsi que l’idée du ‘’ gara’’ a vu le jour. Il intervient, pour alléger les souffrances du jeune marié. C’est pour compenser les dépenses effectuées lors du mariage. «Le ‘’gara’’ peut durer au moins 3 mois» déclare Amadou Sabou, un habitant de Zinder. Selon un jeune marié, que nous avons croisé à la sortie de Zinder, en allant vers Mirriya, une localité situé à une vingtaine de km de Zinder : « Après le mariage, il revient au jeune marié de payer la viande, du bois de chauffe, l’eau et les légumes » martèle Nadjib Harouna. « C’est au cours de la semaine traditionnelle du mariage, que ce ‘’gara’’ peut être gaspillée si on n’y prend pas garde » explique ce père de famille qui a voulut garder l’anonymat. Il a conclut en disant : « En moins d’une semaine, les amis du jeune marié peuvent consommer plus deux sacs de riz de25Kg.»
De nos jours beaucoup de personnes estiment, que cette pratique ancestrale doit disparaitre, à l’exemple de Nahantchi, un père de famille que nous avons rencontré dans la ville de Zinder : « Les autorités doivent prendre des mesures pour empêcher, cette pratique considérée comme une dépense ostentatoire, à cause de la situation déplorable dans laquelle végète beaucoup de familles actuellement. En plus du ‘’gara’, les parents de la jeune mariée ont en charge, l’achat des meubles de leur fille. C’est trop de charges, pour les parents de la mariée.»
Ismaël Abdoulaye

