Hamadou Harouna, correspondant du Magazine électronique de la femme nigérienne à Diffa, nous amène à la découverte de Tchima Garba, une femme leader, dévouée à la cause des femmes de la région de Diffa.
Hamadou Harouna : Qui est Tchima Garba ?
Tchima Garba : Je m’appelle Madame Hassane Tchima Garba. Je suis née à Maradi, le 10 février 1962. Après l’école primaire de Maradawa, j’ai été admise au CEG1 de la même ville. En 1985, après l’obtention de mon baccalauréat, j’ai été orientée vers l’École Nationale de Santé Publique (ENSP) de Niamey, où j’ai obtenu mon diplôme en santé publique. J’ai ensuite effectué mon service civique à la circonscription médicale de N’Guigmi, dans la région de Diffa.
Ma carrière a véritablement débuté au Centre Hospitalier Régional (CHR) de Maradi, avant d’être réaffectée au Centre Médical (CM) du département de N’Guigmi. J’ai poursuivi ma carrière au CHR de Diffa jusqu’en 1996, année où j’ai été affectée à la Direction Régionale de la Santé Publique (DRSP) de Diffa.
De 2007 à 2010, j’ai été volontaire des Nations Unies, en appui au district sanitaire de Mainé Soroa, toujours dans la région de Diffa. En 2019, j’ai été nommée Directrice régionale de la Promotion de la Femme, poste que j’ai occupé jusqu’à ma retraite en 2022.
Hamadou Harouna : Comment vous êtes-vous retrouvée en politique ?
Tchima Garba : Même si je n’ai pas occupé de grands postes politiques, c’est une connaissance qui m’a approchée pour que je rejoigne son parti. C’est ainsi que j’ai été nommée à la direction régionale de la Promotion de la Femme à Diffa.
Depuis mon jeune âge, je me suis fixé comme objectif de défendre la cause des femmes. C’est dans cette optique que j’ai saisi l’opportunité d’intégrer la politique, pour mieux plaider en leur faveur. Cela m’a motivée à persévérer dans cet engagement.
Hamadou Harouna : La région de Diffa connaît une crise sécuritaire depuis 2015. Quelles formes de violences, notamment envers les femmes, avez-vous rencontrées dans l’exercice de vos fonctions ?
Tchima Garba : Durant mon mandat, j’ai été confrontée à des violences basées sur le genre d’une gravité inouïe. Comme vous le savez, les femmes et les enfants sont les premières victimes de cette crise. J’ai rencontré des femmes dont les enfants ont été exécutés sous leurs yeux, et d’autres dont les maris ont subi le même sort. Vous pouvez imaginer le traumatisme que cela engendre.
Il y a eu des cas de viols sur de jeunes filles, mais aussi sur des femmes âgées. Certaines d’entre elles ont contracté des maladies sexuellement transmissibles (MST) ou ont eu des grossesses non désirées. Tous ces drames sont survenus dans le contexte de cette crise.
Hamadou Harouna : Après votre retraite, vous continuez à être active. D’où vous vient cette motivation ?
Tchima Garba : Tant qu’on a la vie et la santé, il y a toujours quelque chose à faire pour sa communauté, surtout pour les femmes. Mon parcours professionnel m’a montré que les femmes, notamment dans cette région, ont beaucoup à offrir et doivent ouvrir la voie aux jeunes filles et à nos sœurs.
La crise que traverse la région de Diffa nous impose de relever des défis jusque-là inconnus. Tant que je peux apporter ma contribution, je me dois de le faire pour un avenir meilleur pour les femmes et les enfants.
Hamadou Harouna : Quel message souhaitez-vous adresser aux femmes de la région de Diffa ?
Tchima Garba : Mon message est simple : les choses ont changé. Il y a 20 ou 30 ans, il suffisait d’avoir un diplôme pour trouver un emploi. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Des milliers de jeunes diplômés sont au chômage, malgré des qualifications plus élevées que les nôtres à l’époque.
J’invite toutes les femmes à inscrire leurs enfants à l’école. Quant à elles, elles doivent s’engager dans des activités génératrices de revenus ou apprendre un métier. Il faut éviter de tomber dans la recherche du gain facile. Les activités génératrices de revenus constituent une voie fiable vers l’autonomisation des femmes.




