Portrait : Elène Ayika
Une femme à la trajectoire exemplaire…
Journaliste nigérienne de renommée, combattante et soucieuse de l’éducation de la jeune fille, telle est Elène Ayika, l’une des pionnières de la lutte des femmes au Niger, actuellement conseillère du Ministre en charge de la communication. Sa trajectoire est exemplaire : Elle a étudié les langues, en France pour devenir interprète, après l’obtention de son BAC. «Mon retour au Niger, a coïncidé avec les préparatifs de la conférence islamique. Dans cette optique, un concours a été lancé par la télévision nationale, pour recruter des interprètes qui parlent anglais. Je postule et j’étais sélectionnée.» Nous Affirme Elène.
Cette étape constitue ces premiers pas vers le métier du journalisme, une carrière, qu’elle embrasse en 1982 et l’exerce avec abnégation, jusqu’à 1995, à l’Office de Radio et Télévision Nationale du Niger (ORTN). «J’étais d’abord productrice, ensuite speakerine, avant d’aller, me former à l’école du journalisme, précisément à l’Institut de Formation au Technique de l’Information et de la Communication (IFTIC), où j’ai eu mon diplôme supérieur en communication télévisuelle, avant de revenir à mon ancien poste.» Précise-t-elle
Après avoir servi la télévision nationale, cette dernière décide de travailler dans des institutions des Nations Unies, notamment UNICEF-Niger, puis fonctionnaire international au Gabon et après en Guinée Equatoriale : «Ce passage exceptionnel à l’extérieur, ne m’a empêché de rentrer, au pays où j’ai travaillé en tant que Directrice des ressources humaines, à la société de téléphonie mobile Airtel-Niger, ensuite je suis retournée à l’UNICEF comme consultante.», Nous indique Elène.
Dotée, d’un esprit de créativité, Elène Ayika a su initier des activités, partout ou elle est passée. Des activités, qui ont eu un impact positif sur les cibles. Mère et grand-mère, elle a une grande passion pour les enfants : «j’aime beaucoup les enfants. Cela m’a poussé, à créer une émission, pour les enfants lors de mon passage à l’ORTN.»
En intégrant la société Airtel-Niger, Elène n’a pas manqué, non plus d’initiatives : «Au-delà de mon travail, j’a pu organiser les femmes de la société, dans un groupe intitulé « Airtel-Lydes ». Ce groupe visait deux objectifs : organiser ces femmes, en vue non seulement de promouvoir le leadership féminin, mais aussi parce qu’il fallait préparer la relève.» Nous confie Elène. Elle continue en disant : «j’ai décidé d’initier encore des actions humanitaires, pour venir en aide aux populations vulnérables.», clame-t-elle.
Depuis son jeune âge, Elène Ayika n’a cessé de défendre la cause des femmes au Niger. Ce qui fait d’elle l’illustre femme qu’elle est aujourd’hui. « D’abord, mes collègues de la télévision et moi, nous avons créé l’Association des Professionnelles Africaines de la Communication (APAC-Niger), dont le but était de donner la parole aux femmes rurales, pour entendre leurs préoccupations, sur les ondes des médias nationaux.», Nous affirme-t-elle. Ensuite, elle milite dans plusieurs organisations féminines de l’époque. «Avec Mme Maraima Gamatiè et beaucoup d’autres femmes illustres, j’ai contribué à la création de plusieurs structures, en tant que membre fondateur, notamment l’Association des Femmes du Niger (AFN), le Rassemblement des Femmes du Niger (RFN) ». ajoute Mme Elène. Elle a également lutté, pour que les droits de la femme soient effectifs au Niger. « C’est mon engagement dans ce noble combat, qui m’a valu la lecture de la déclaration prononcée, lors de la marche des femmes, le 13 mai 1991, pour exiger plus de représentativité des femmes dans les instances organisationnelles de la Conférence Nationale Souveraine.» Explique Elène avec fierté.
Elle a été distinguée, dans l’ordre National du Niger et dans l’Ordre du Mérite par le Grand Chancelier des ordres Nationaux du Niger. C’était au cours d’une cérémonie officielle de décoration du personnel, organisée par le Ministère en charge de la communication, le 14 Août 2024.
Malgré, son chemin riche et varié, Elène a su concilier vie familiale et travail sans difficulté. « Pour ne pas faire passer, le travail en premier et faire souffrir ma famille, mon secret était d’amener, toute ma famille à s’impliquer dans les tâches domestiques, ainsi que dans les loisirs etc.» a-t-elle conclut.
Cette illustre femme s’inquiète pour les jeunes filles en cours de scolarisation : « ce qui m’inquiète actuellement, c’est le niveau des jeunes filles en cours de scolarité qui ne fait, que régresser, du faite de la qualité de l’enseignement, qui laisse à désirer.», nous dit Elène. « Une autre inquiétude non moins importante est que, ces jeunes filles, n’ont pas de modèles de femmes dans la société nigérienne, qui puissent les inspirer comme, à notre époque. Elle pense à Mariama Keita, l’une de ces ainées, qui l’a beaucoup inspirée.», elle va loin en disant : «les jeunes filles doivent s’inspirer des grandes figures emblématiques, des femmes intellectuelles, qui ont marquées l’Afrique, pour atteindre leur idéal».


