La scolarisation de la jeune fille au Niger 

Autonomisation de la femme Société

La clé de voute de l’émergence des femmes au Niger
«Eduquer une femme, c’est éduquer toute une nation» a-t-on coutume de dire. Cependant, cet adage est mis à rude épreuve au Niger, à cause de plusieurs facteurs, qui ralentissent la scolarisation de la jeune fille, bien qu’elles soient plus nombreuses que les garçons. Au Niger, les femmes représentent plus de la moitié de la population estimée à plus de 25 millions, d’habitants en 2017. Malgré, ce poids démographique, sur le plan de l’éducation, on constate un faible taux de scolarisation de la jeune fille.
 Le constat est le même à tous les niveaux de l’enseignement. En effet, au niveau primaire, le taux bruit de scolarisation (TBS), est de 68,53% au Niger pour l’année scolaire 2021-2022, dont 72,86%, pour les garçons contre 64,34% pour les filles, selon l’annuaire statistique du ministère de l’éducation et de l’alphabétisation édition 2022-2023. Cet état de fait se retrouve aussi au niveau des autres cycles. Selon la même source, au secondaire, en 2022-2023, le taux bruit de scolarisation est de 28,80%, avec 30,02% de garçons et 27,62% de filles. Au niveau supérieur, le taux bruit de scolarisation, en 2022-2023, est de 8,76%, dont 10,61%, pour les garçons contre 6,96%, pour les filles, selon toujours l’annuaire statistique du ministère de l’éducation et de l’alphabétisation édition 2022-2023.
Les facteurs favorisant la sous-scolarisation des filles
Malgré, les efforts combinés de l’Etat et ses partenaires, pour apporter une alternative à ce problème, cette situation persiste toujours. Cette sous-scolarisation s’explique par le faite que les parents préfèrent envoyer, le jeune garçon plutôt que la fille, qui doit aider sa mère dans les tâches domestiques et les travaux champêtres. A ceux-là s’ajoutent les pesanteurs socioculturelles, qui ne conçoivent pas la scolarisation de la jeune fille. Pour les communautés à la base, la place de la jeune fille est au foyer. Dans d’autres localités, elle est soumise au petit commerce ou envoyer dans les grandes villes pour servir de petites bonnes, afin de constituer leur trousseau de mariage. Dans d’autres communautés, elle est donnée en mariage précoce, afin d’éviter les grossesses non désirés et ou la débauche etc.
Les obstacles à l’émergence des femmes en lien avec la sous-scolarisation des filles
Cette sous-scolarisation des filles, freine leur émergence sur divers aspects de la vie socioéconomique, politique et culturelle etc. Au plan politique, elle ne permet pas une implication massive des femmes, dans le combat politique. Au plan sanitaire, cette situation ne permet pas, aux femmes et aux filles, d’accéder à une meilleure prise en charge sanitaire. Elle limite aussi la jouissance de ces dernières à leurs droits les plus fondamentaux au plan juridique. Au niveau social, la sous-scolarisation des filles, ne permet pas d’avoir un statut social de haut niveau. Elle ne permet pas non plus de lutter contre la pauvreté, parce que cette situation bloque l’autonomisation de la femme. La non scolarisation des jeunes filles ne permet pas non plus de combattre les stéréotypes sexistes et l’ignorance, en ce sens qu’elles sont limitées sur le plan intellectuel. Ce qui du coup freine le développement sociopolitique et économique du pays. Parce que la pauvreté a une image féminine au Niger, 63 % des femmes nigériens qui sont pauvres.
Les perspectives navigables pour une meilleure scolarisation des filles
 Pour que la scolarisation des filles soit une réalité au Niger, plusieurs perspectives sont envisageables. Améliorer l’accès des femmes à l’éducation pour une meilleure jouissance de leurs droits, notamment à l’éducation, à la politique, à la santé, à la justice, à l’alimentation, à l’eau potable bref le droit à une vie décente.
Pour améliorer l’accès à l’instruction de la jeune fille, l’Etat doit améliorer le taux de scolarisation de la jeune fille, surtout aux niveaux de l’enseignement secondaire et au troisième cycle et les encourager à aller de l’avant. Il faut encourager, les jeunes filles à s’intéresser aux filières scientifiques. En effet l’Etat et ses partenaires intervenant en la matière doivent mettre l’accent sur des programmes genres sensibles, afin d’éliminer toutes les formes de discriminations dont sont victimes les femmes et combattre les stéréotypes fondés, sur l’infériorité de la femme. L’école doit former, tous les enfants du pays et en faire, d’eux des citoyens capables de défendre l’honneur de la patrie partout et en tout temps.
Dans la même lancer on doit s’inspirer de femmes modèles pour encourager les parents, à s’investir pour une meilleure scolarisation de la jeune fille, en les inscrivant à l’école et en assurant, leur maintien à l’école. Réduire la surcharge des travaux domestiques et champêtres de la jeune fille, afin qu’elles puissent disposer de temps nécessaire pour participer aux cours. Accompagner les jeunes filles dans leur parcourt scolaire en les dotant de kit scolaire et en continuant à primer, celles qui se sont fait distinguées en classe. Il faut également veiller également à l’application de la loi protégeant la jeune fille en cours de scolarisation, afin de maintenir les jeunes filles à l’école. La scolarisation de la jeune fille nécessite également, la contribution de toutes et de tous, en vue d’assurer une autonomisation plus accrue de la femme au Niger.
Balkissa Hamidou

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *