Portrait de Mme Barry Bibata Niandou

Autonomisation de la femme

Mme Barry Bibata Niandou : une femme d’exception aux multiples combats

Septuagénaire, de taille moyenne et au teint noir, juriste de formation, défenseure des droits des femmes nigériennes, femme politique, veuve et mère de trois enfants, Mme Barry Bibata Niandou est la première femme à être commissaire de police au Niger et Préfet Président de la Communauté Urbaine de Niamey.

Née à Niamey, elle y a effectué ses études primaires à l’école  Zongo, avant de poursuivre au Lycée des jeunes filles de Niamey. Elle a ensuite fréquenté le Lycée de Maurice Delafosse à Dakar, puis l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, au Sénégal, où elle a obtenu un diplôme en droit privé.

Un début de carrière difficile mais novateur

Mme Barry a entamé sa carrière en 1985. Elle revient sur son intégration au sein de la Police nationale : « Ma carrière dans la police a commencé en 1985, après ma formation en droit privé au Sénégal. À mon retour au pays, j’ai été approchée par la ministre de la Promotion de la femme à l’époque appelée ministre de la Condition féminine, pour représenter les femmes à un haut niveau de la Police nationale. Elle avait constaté l’absence de femmes à ces postes. Étant mon ancienne professeure, elle m’a orientée dans ce sens. C’est ainsi que le cours de ma carrière a changé, car je me destinais initialement à la justice.»

En occupant le poste de Préfet maire de la capitale, la tâche n’a pas été facile, pour Mme Barry Bibata Niandou, mais elle a pu s’imposer : « A la communauté Urbaine, j’ai dû faire face au syndicat des maires qui voulaient défier mon autorité. Heureusement pour moi, j’avais le soutien, non seulement du Président de la République, du Premier Ministre de l’époque, ais aussi et surtout celui des femmes nigériennes.» Nous confie Mme Barry.

La lourde responsabilité d’être une pionnière

Devenir la première femme commissaire de police au Niger représentait une lourde responsabilité. Mme Barry devait non seulement représenter les femmes, mais aussi démontrer leur capacité à occuper des postes jusque-là réservés aux hommes. Elle explique : « Ma motivation était de prouver que les femmes peuvent occuper toutes les fonctions, y compris à un haut niveau dans les corps en uniforme. Cela n’a pas été facile. Dans un milieu dominé par les hommes, il a fallu s’imposer et surmonter de nombreux obstacles. Mais avec détermination et foi, nous avons réussi.» Elle ajoute : « Dans toute fonction, il y a des difficultés, mais la femme en rencontre souvent davantage. Il faut savoir les transcender et se concentrer sur sa mission. Quand on est pionnière, on doit se battre et parfois oublier certaines considérations. »

Les risques liés au métier de policie

Malgré son courage, Mme Barry reconnaît les dangers du métier : « C’est un métier à risque. Vous traquez les malfaiteurs, et eux aussi peuvent vous traquer. » Elle évoque un souvenir marquant : « Un jour, au marché, un homme que j’avais fait arrêter pour meurtre m’a abordée par derrière. Il m’a dit : “Si je voulais vous tuer, je l’aurais fait.” Cela montre à quel point nous sommes exposés. Mais Dieu nous protège et la vigilance est essentielle.»

Des moments forts de sa carrière

Parmi les faits marquants de sa carrière, Mme Barry cite la fin du mythe du quartier Rouba, autrefois considéré comme inaccessible : « À une époque ou personne n’osait pénétrer ce quartier, refuge de malfaiteurs. Avec la police judiciaire et la brigade, nous avons décidé d’y intervenir. Depuis, ce mythe est tombé.»

Un exemple de conciliation entre vie professionnelle et familiale

Malgré ses responsabilités, Mme Barry affirme avoir su concilier travail et vie de famille :
« Je n’ai pas rencontré de difficultés majeures. Même après de longues journées de travail, je prenais le temps de m’occuper de ma famille, notamment en faisant la cuisine, en nettoyant la maison. C’était ma manière de leur montrer que j’étais présente pour elle. »

De la Police à la Justice

Après plusieurs années dans la Police nationale, Mme Barry décide de retourner à ses premières amours, la justice : « J’ai quitté la police à un moment où le corps devenait fortement politisé. Mais j’étais satisfaite, car d’autres femmes avaient commencé à intégrer ce corps à des niveaux élevés. J’ai compris que le message était passé et que je pouvais le quitter tranquillement.»

Une carrière riche en responsabilités

Mme Barry a occupé plusieurs postes de haut niveau, notamment, le poste de Ministre de la Population, de la Promotion de la Femme et de la Protection de l’Enfant,  Avocate à la cour à ce titre elle est membre du conseil de l’ordre des avocats du Niger, Coordinatrice du Salon International de la Femme (SAFEM).

À ces différents postes, elle a initié des réformes importantes, notamment en faveur de la propreté urbaine et de la promotion du genre, avec la mise en place de la loi sur la Politique Nationale de Genre en 2008, etc.

Une femme battante et inspirante Femme engagée et déterminée, Mme Barry Bibata Niandou a su briser les barrières et ouvrir la voie à de nombreuses générations de femmes nigériennes. Par son parcours exceptionnel, elle demeure un modèle de courage, de rigueur et de résilience, ayant su transcender les obstacles pour s’imposer dans des domaines longtemps réservés aux hommes.

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