En ce mois béni de Ramadan, s’il est une personne qui mérite reconnaissance pour son courage, son abnégation et son dévouement à satisfaire les besoins alimentaires de sa famille, c’est bien la femme.
Certes, son rôle essentiel dans la gestion du foyer et de la restauration quotidienne est reconnu tout au long de l’année. Mais durant le Ramadan, période où les tâches ménagères semblent se multiplier, voire tripler, la Oumma islamique peut légitimement être fière de ses femmes.
En effet, pendant ce mois sacré, la femme veille à la préparation des repas destinés à la rupture du jeûne (iftar) ainsi qu’à ceux consommés à l’aube, communément appelés Sahour. Elle s’assure que la table soit garnie de bouillie, de jus, d’eau, de plats variés et d’autres mets prêts à être consommés à l’heure de la rupture. Et cela, malgré la faim, la soif, la fatigue et parfois la chaleur.
« Toute cette surcharge de travail liée aux préparatifs des repas, afin de satisfaire les besoins de sa famille et des invités, est récompensée par Allah, le Tout-Puissant », indique Dr Sani Abdoul Madjid, prédicateur islamique résidant à Zinder.
Un défi quotidien
Après une journée de jeûne et de travail, quoi de plus agréable que de trouver une table richement garnie, composée de plats et de boissons prêts à être savourés ? Ce plaisir inestimable est le fruit d’une journée de dur labeur accompli par les femmes, qu’elles soient au foyer ou actives professionnellement.
Durant le Ramadan, chaque jour représente un nouveau défi.
« Pendant le mois de Ramadan, les défis à relever sont nombreux pour satisfaire les besoins de ma famille. C’est une véritable course contre la montre. Malgré la fatigue due au jeûne, je me bats pour préparer des repas variés et nutritifs », affirme Saratou Maman, rencontrée à Zinder en pleine préparation des repas.
Elle poursuit :
« Contrairement aux autres mois, pendant le Ramadan, je peux préparer cinq plats différents à la fois, en plus des jus, de la bouillie et des rafraîchissements, en une seule journée. Cela rend la tâche particulièrement difficile. »
Selon elle, les travaux domestiques semblent interminables : courses au marché, préparation des condiments, cuisine, va-et-vient constants. « Elle se lève la première et se couche la dernière », résume-t-elle en parlant des femmes. Même au moment de la rupture, certaines sont encore debout, occupées à servir leurs proches.
La situation est encore plus exigeante pour la femme travailleuse, qui doit conjuguer obligations professionnelles et responsabilités familiales.
« Je ne sens pas la fatigue tant que ma famille est satisfaite »
Bintou Abba, rencontrée en train de frire du poisson pendant que les marmites de bouillie et de sauce mijotaient encore sur le feu, témoigne :
« En plus des repas de la rupture, j’ai déjà préparé le déjeuner pour les enfants qui ne jeûnent pas encore. Ce n’est pas fini. Je dois aussi préparer le repas du Sahour et du jus. Je ne sens pas la fatigue tant que ma famille est satisfaite. »
Elle explique que la cuisine du Ramadan se distingue par la quantité et la diversité des plats préparés. L’utilisation de gros ustensiles, la multiplication des bols, assiettes et tasses entraînent une vaisselle abondante.
« En plus de toutes ces tâches, je dois me réveiller à 4 heures du matin pour réchauffer et servir le Sahour. C’est Dieu qui nous récompensera », conclut-elle.
Un mois de bénédictions
Un groupe de femmes rencontrées alors qu’elles préparaient des repas destinés à une rupture collective à la grande mosquée de Zinder souligne :
« Le mois de Ramadan est un mois béni, rempli de bénédictions et de bonnes actions. Onze mois sur douze, nous sommes habituées aux travaux domestiques : vaisselle, ménage, cuisine, jeûne, prières surérogatoires et autres obligations. »
Elles saluent également les hommes qui contribuent financièrement à la préparation des repas et remercient Dieu de leur avoir permis de vivre encore ce Ramadan dans la paix.
Un effort reconnu et récompensé
Harouna Daoura Maman Laouali, chef de ménage rencontré à l’heure de la rupture, reconnaît :
« Il est indéniable que les tâches ménagères s’alourdissent pendant cette période. Les envies culinaires sont nombreuses, et les corvées reposent essentiellement sur les femmes, qui assurent un service continu du matin jusqu’au Sahour. »
Il ajoute :
« L’effort consenti par les femmes est récompensé par Allah, le Tout-Puissant. »
Le prédicateur Dr Sani Abdoul Madjid rappelle également un enseignement prophétique :
« Le Prophète (S.A.W.) a dit que celui qui offre la rupture à un jeûneur obtient sa propre récompense ainsi que celle du jeûneur, sans que cela ne diminue la récompense de ce dernier. »
Abdoulkarim, un jeune rencontré à la sortie de Zinder, conclut avec émotion :
« Rendons hommage à nos mamies, nos mamans et nos sœurs pour leurs efforts. Je prie Dieu de les récompenser par le Paradis. »
Ismaïl Abdoulaye

