Mme Mahamadou Nafissatou Bilan est une couturière talentueuse, courageuse, calme et posée, reconnue pour sa capacité à manier l’aiguille avec précision et à reproduire fidèlement n’importe quel modèle qu’on lui présente.
Née en 1974 et ayant grandi à Niamey, elle n’a jamais fréquenté une école d’enseignement général, mais plutôt une école coranique avant de se lancer dans la couture.
Elle nous confie les raisons qui l’ont motivée à choisir ce métier :
« J’ai toujours aimé la mode. À l’époque, peu de Nigériennes s’y intéressaient, et j’étais fascinée par les femmes venues de la Côte qui cousaient avec passion. Petite, lorsque nous jouions avec mes sœurs, je choisissais toujours le rôle de la couturière. Je ramassais des morceaux de tissu chez les tailleurs pour confectionner des vêtements à nos poupées avec du fil et une aiguille. »
Après plusieurs années d’un apprentissage rigoureux, Mme Nafissatou obtient son diplôme et décide d’ouvrir son propre atelier :
« J’ai commencé mon apprentissage en 1989 au village artisanal de Wadata, à l’atelier Saraounia Mangou. J’ai obtenu mon diplôme en 2002. Je profite de cette occasion pour remercier ma patronne, Hadjia Aïchatou Dan Baki. Après cela, j’ai travaillé pour mon propre compte avant de signer un contrat avec une ONG, Organisation Nigérienne pour la Promotion de l’Hydraulique et du Développement à la Base (ONPHDB), comme formatrice. Ensuite, j’ai ouvert mon atelier de couture dénommé Zeinab Couture. »
En plus des jeunes filles formées dans le cadre de ce contrat, elle continue d’encadrer plusieurs apprenties :
« Au début, je n’avais qu’une seule apprentie. Aujourd’hui, j’en ai formé cinq, qui ont obtenu leur diplôme en 2023, et j’en encadre actuellement trois autres, qui recevront le leur en 2026. »
Les jeunes qu’elle a formées tirent désormais profit de leur métier :
« Les six jeunes filles que j’ai formées au nom de l’ONG sont très satisfaites, car elles parviennent à subvenir à leurs besoins. Certaines, originaires du village de Koussoulabou, sont aujourd’hui mariées et continuent d’exercer la couture avec succès. »
Cependant, la couturière déplore certaines difficultés rencontrées dans son métier :
« Nous rencontrons souvent des clientes qui mettent une pression inutile en exigeant des tenues urgentes, puis ne viennent pas les récupérer à la date prévue. D’autres demandent qu’on leur couse des habits sans payer, promettant de régler après leur cérémonie, mais disparaissent ensuite. J’en ai connu plusieurs de ce genre. »
Le talent de Mme Nafissatou est unanimement reconnu par ses clientes et ses apprenties.
Bassira Assoumane, une cliente fidèle, témoigne :
« Je suis impressionnée par son talent. Elle s’adapte à tous les modèles et fait de très belles créations. Chaque tenue qu’elle me coud attire de nouvelles clientes. Elle est sérieuse et ponctuelle. Je recommande Zeinab Couture à toutes les femmes ! »
Djanatou Firdaousse, apprentie chez Mme Nafissatou, ajoute :
« Cela fait cinq ans que j’apprends la couture chez Zeinab Couture. Aujourd’hui, je peux coudre n’importe quel modèle. Je suis fière d’avoir une formatrice aussi compétente. »
Mme Mahamadou Nafissatou a su concilier sa vie professionnelle et familiale :
« Au début, mon atelier était loin de chez moi, et je devais prendre un taxi chaque jour. J’ai fini par construire mon atelier à la maison. Cela me permet de travailler sereinement tout en gardant un œil sur mon foyer. »
Enfin, elle adresse un message fort aux femmes nigériennes :
« Les femmes doivent se lever et chercher un travail. Tendre la main n’est jamais une bonne chose. Heureusement, de plus en plus de femmes mènent aujourd’hui des activités génératrices de revenus. La vie est un combat : rien ne nous sera servi sur un plateau d’argent. »
Par Balkissa Hamidou





