Madame Souleymane Assouma Tidjani Idrissa, Promotrice de l’Entreprise ASTI DECO à Maradi
Née en 1985 à Zinder, mariée et mère de quatre enfants, Mme Souleymane Assouma Tidjani Idrissa est diplômée d’une licence en journalisme (option radio/télé) obtenue à l’Institut de Formation aux Techniques de l’Information et de la Communication (IFTIC). Aujourd’hui, elle est la promotrice de l’entreprise ASTI DECO, spécialisée dans la décoration intérieure et événementielle, implantée à Maradi.
Elle a fait son école primaire à Dakoro, avant de poursuivre ses études secondaires et supérieures à Niamey.
« Après avoir obtenu mon Baccalauréat, je me suis inscrite à l’IFTIC, où j’ai décroché une licence en journalisme audiovisuel », confie Mme Souleymane. Elle poursuit : « J’ai effectué un stage au groupe de presse Ténéré, avant mon Service Civique National à la station régionale de la RTN (Radio Télévision Nationale) de Tahoua, puis de Maradi, où j’ai travaillé comme journaliste reporter jusqu’en 2022. »
Du journalisme à l’entrepreneuriat
Après un riche parcours dans le journalisme, Mme Souleymane a choisi de se tourner vers l’entrepreneuriat féminin, un domaine où elle nourrit une passion de longue date : la décoration.
« J’ai décidé d’abandonner le journalisme, ma vocation première, pour me consacrer à la décoration : confection de rideaux, meubles, tableaux, bref, tout ce qui touche à l’embellissement des maisons et des événements (mariages, anniversaires, etc.). Malgré mon expérience dans les médias, j’ai préféré me lancer dans ce secteur qui me passionne depuis toujours. »
C’est ainsi qu’elle démarre par la vente de rideaux à domicile. Devant l’engouement suscité par cette activité, elle décide d’élargir son offre et de créer sa propre entreprise. ASTI DECO voit officiellement le jour le 4 février 2023.
« Aujourd’hui, l’entreprise est bien connue, non seulement à Maradi mais aussi à Niamey, Zinder, Tahoua et dans d’autres régions du pays », se réjouit-elle.
Des débuts difficiles mais prometteurs
Comme tout entrepreneur, Mme Souleymane a dû surmonter de nombreux défis :
« Au départ, les difficultés financières m’ont beaucoup freiné. Je n’avais pas assez de moyens. J’ai commencé petit à petit, mais grâce à la persévérance, j’ai pu surmonter ces obstacles. »
Parallèlement à son entreprise, elle est très engagée dans la vie associative. Membre du Réseau pour l’Autonomisation des Femmes Entrepreneures de Maradi (RAFEM), elle occupe le poste de chargée de communication. « À travers le RAFEM, nous faisons la promotion des produits locaux et organisons des foires pour mieux nous faire connaître. Personnellement, ces foires m’ont beaucoup aidée à élargir mon carnet d’adresses et à trouver de nouveaux clients. »
L’ambition culturelle
Au-delà de la décoration, Mme Souleymane souhaite aussi contribuer à la valorisation du patrimoine culturel nigérien. Elle ambitionne de promouvoir le pagne traditionnel « Téra-Téra », emblème de la culture Zarma.
« Ce pagne est en voie de disparition. Il devient rare de trouver un tisserand qui le confectionne. Mon objectif est de le remettre au goût du jour, en l’intégrant dans des rideaux, des poufs, des canapés, pour inciter les Nigériens à s’approprier à nouveau ce tissu », explique-t-elle.
Former la relève
ASTI DECO nourrit également une vocation sociale. Mme Souleymane prévoit de former des jeunes déscolarisés et non scolarisés dans ses ateliers de couture et de menuiserie.
« Avec l’appui des partenaires, nous voulons récupérer ces jeunes pour les former et leur donner un métier. Ils pourront ensuite travailler au sein de l’entreprise et contribuer à son développement. »
Les défis de l’entrepreneuriat au Niger
Toutefois, entreprendre au Niger reste un véritable combat. Selon Mme Souleymane :
« L’une des plus grandes difficultés est de changer la mentalité des Nigériens pour qu’ils consomment local. Beaucoup préfèrent encore les meubles importés, alors que ceux-ci résistent rarement à nos conditions climatiques. Chez ASTI DECO, tout est fabriqué à partir de matériaux locaux. »
Un autre frein est lié aux tracasseries douanières :
« Souvent, il est difficile d’expédier des colis d’une ville à une autre sans être confronté aux agents douaniers. Vous payez déjà vos frais de dédouanement, mais en route, on vous réclame encore autre chose. Cela décourage beaucoup d’entrepreneurs. »
Elle conclut par un appel à l’État :
« Nous demandons aux autorités de revoir ces tracasseries et d’alléger les impôts et frais d’agrément, qui restent trop élevés pour les jeunes entreprises. »
✍️ Moussa Souley Abdoul Fataou




