À la rencontre de Mme Abdoulaye Hadjara Mounkaila Goumandakoye : former et inspirer les jeunes entrepreneurs de Maradi
Le correspondant du magazine électronique de la femme nigérienne Kassey-Sy, pour la région de Maradi, Moussa Souley Abdoul Fataou, nous amène à la découverte de Mme Abdoulaye Hadjara Mounkaila Goumandakoye, promotrice de ABC des Jeunes Entrepreneurs, un centre de formation aux métiers et aux techniques entrepreneuriales qui accompagne la jeunesse de Maradi.
« Je voulais être autonome et aider les autres »
Moussa Souley Abdoul Fataou : Madame Abdoulaye Hadjara Mounkaila Goumandakoye, vous êtes entrepreneure. Quelles sont les raisons qui vous ont motivée à vous lancer ?
Mme Abdoulaye Hadjara Mounkaila Goumandakoye :
Les raisons sont multiples. D’abord, je voulais être autonome. Ensuite, je souhaitais aider d’autres jeunes à sortir de la misère et impacter positivement l’économie de ma région, et plus largement celle de mon pays.
J’ai constaté que la plupart des jeunes diplômés attendent, à la fin de leurs études, que l’État leur trouve un emploi. Mais avec le nombre important de jeunes arrivant chaque année sur le marché du travail, cela n’est plus réaliste. Comme j’aspirais à mon indépendance, j’ai décidé un jour de créer ma propre entreprise.
Un changement de vie et une fierté
Moussa Souley Abdoul Fataou : Votre entreprise a-t-elle changé votre vie ? Vous a-t-elle permis de réaliser vos projets ?
Mme Abdoulaye Hadjara Mounkaila Goumandakoye :
Oui, énormément. Elle m’a inculqué l’autodiscipline, changé ma vision du monde et mes fréquentations. Elle m’a permis de réaliser mes vœux, et j’en suis fière.
C’est aussi un moyen pour moi d’aider les autres en leur offrant une opportunité d’emploi. Depuis la création de l’entreprise, j’ai formé beaucoup de jeunes filles, dont plusieurs travaillent aujourd’hui à leur propre compte.
Des obstacles mais pas de renoncement
Moussa Souley Abdoul Fataou : Quelles sont les principales difficultés que vous avez rencontrées ?
Mme Abdoulaye Hadjara Mounkaila Goumandakoye :
La situation économique actuelle du pays rend les choses plus difficiles, mais je refuse de baisser les bras.
Au départ, le plus gros défi a été de trouver une équipe compétente et partageant ma vision. Ensuite, il y a les tracasseries administratives, les impôts et les taxes. Malgré tout, je m’accroche à mon objectif.
Un message aux jeunes diplômés
Moussa Souley Abdoul Fataou : Quel message adresseriez-vous aux jeunes diplômés qui souhaitent créer leur entreprise, mais hésitent encore ?
Mme Abdoulaye Hadjara Mounkaila Goumandakoye :
L’entrepreneuriat n’est pas facile. Mais, comme on dit, qui n’ose rien n’a rien. Il faut commencer à petite échelle, réaliser des études de marché pour identifier les secteurs porteurs, et surtout avoir des objectifs clairs avant de se lancer.
Il faut entreprendre dans un domaine que l’on aime, se former sérieusement, se discipliner, et savoir précisément ce que l’on veut atteindre. Les impôts et taxes sont une réalité : mieux vaut s’informer et s’y préparer.
Un appel aux autorités
Moussa Souley Abdoul Fataou : Avez-vous un message pour les autorités afin d’alléger les contraintes des jeunes entrepreneurs ?
Mme Abdoulaye Hadjara Mounkaila Goumandakoye :
Je demande aux autorités nigériennes de venir en aide aux jeunes porteurs de projets. Il faut soutenir ceux qui ont du talent et qui ont fait leurs preuves.
L’État ne devrait pas se contenter de prélever des impôts et taxes, mais aussi entreprendre et créer des opportunités. Avec un véritable appui, nous serions plus enclins à payer nos taxes, en ayant la conviction d’être redevables à un pays qui nous aide à réussir.
Je ne parle pas de supprimer les impôts, mais de mettre en place des conditions favorables à l’émergence d’une nouvelle génération d’entrepreneurs capables d’impacter positivement l’économie nationale.
MOUSSA SOULEY Abdoul Fataou




