« Madame Azara Djalawi: Un foulard qui s’est distingué au milieu des turbans »
Par Tcherno Madjo Abarchi, correspondant du Magazine électronique de la femme nigérienne Kassey-Sy, département d’Arlit, région d’Agadez
Tcherno Madjo Abarchi : Qui est Madame Azara Djalawi ?
Madame Azara Djalawi : Je suis née vers 1974, dans la commune rurale de Gougaram, département d’Arlit, région d’Agadez. J’ai effectué mes études scolaires et professionnelles à Arlit et à Agadez. Je suis activiste et femme politique. Mariée et mère de plusieurs enfants, j’ai été conseillère municipale de 2004 à 2021. De mai 2021 jusqu’à la prise du pouvoir par le Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie (CNSP), j’occupais le poste de première adjointe au maire de la Commune urbaine d’Arlit.
J’étais également présidente régionale du Réseau des Femmes Élues Locales d’Afrique – section Agadez (REFELA/Agadez).
J’ai eu l’occasion d’effectuer plusieurs voyages d’études, tant au niveau international que dans la sous-région, en tant qu’activiste et femme politique.
Tcherno Madjo Abarchi : Comment êtes-vous passée de l’activisme à la politique ?
Madame Azara Djalawi : J’ai commencé comme animatrice dans plusieurs projets communautaires. Je sensibilisais les communautés dans des zones très reculées de l’Aïr, sur des thématiques de la vie sociale, particulièrement celles liées à la condition de la femme. Au cours de cette expérience, j’ai constaté la vulnérabilité dans laquelle vivent de nombreuses femmes. Cette réalité m’a poussée à agir pour elles.
J’ai encouragé la création de groupements féminins et d’unions pour traiter les problèmes des femmes. Par la suite, j’ai regroupé ces structures au sein d’une fédération baptisée « Femme de l’Aïr », qui compte aujourd’hui 27 unions de groupements féminins.
Cette fédération a ensuite adhéré à la Coordination de la Société Civile d’Arlit afin d’élargir notre champ d’action dans la défense des intérêts de la population en général, et des femmes en particulier.
Tcherno Madjo Abarchi : Qu’est-ce qui vous a motivée à faire de la politique ?
Madame Azara Djalawi : Mon expérience d’activiste m’a montré qu’il est nécessaire d’être présente dans les instances de décision pour véritablement changer les choses et porter la voix des femmes. Faire de la politique me permettait de mieux défendre leurs intérêts et de renforcer l’accompagnement de la fédération « Femme de l’Aïr ».
La légitimité élective dans nos communes dépend souvent de la place qu’on occupe dans les rapports sociaux. Mon implication dans les associations et dans le développement local a renforcé mon ancrage politique.
J’ai été élue conseillère municipale d’Arlit lors des premières élections municipales de 2004 avec deux formations politiques différentes, puis réélue en 2011, 2016 et 2020. En mai 2021, j’ai été élue première adjointe au maire de la Commune urbaine d’Arlit.
Tcherno Madjo Abarchi : En tant que première femme à occuper le poste de vice-maire d’Arlit, quelles difficultés avez-vous rencontrées ?
Madame Azara Djalawi : Effectivement, je suis la première femme à occuper ce poste. Comme vous le savez, gérer un poste électif n’est pas facile. Il faut honorer de nombreux engagements et faire face à des préjugés sociaux qui compliquent la tâche des femmes en position de décision. Les discriminations sont multiples, mais il faut s’armer de courage et d’abnégation, car nous nous battons pour une cause noble. Par la grâce de Dieu, ça ira.
Tcherno Madjo Abarchi : Quel message adressez-vous aux femmes pour les encourager à s’autonomiser ?
Madame Azara Djalawi : Je les invite à avoir du courage et de la détermination pour défendre les intérêts des femmes partout où elles se trouvent. Qu’elles s’engagent dans des activités génératrices de revenus, participent activement aux groupements et associations, et s’intéressent à la politique pour accéder à des postes de décision. Cela permettra de faire entendre la voix des femmes et de veiller à ce que leurs préoccupations soient prises en compte dans les politiques et programmes locaux, en vue d’une autonomisation renforcée.




