Que signifient les termes mutilation génitale et excision de la jeune fille ?
Les Mutilations Génitales Féminines (MGF) regroupent plusieurs pratiques traditionnelles consistant en l’ablation partielle ou totale des organes génitaux externes de la femme.
Quelle est l’ampleur du phénomène au Niger ?
La prévalence au Niger a connu une baisse significative au fil des années :
- 5 % selon l’EDSN 1998
- 2,2 % selon l’EDSN 2006
- 2 % selon l’EDSN 2012
- 0,7 % selon l’étude récente sur l’ampleur et les déterminants des VBG
Quelles sont les causes et conséquences sur la santé des jeunes filles ?
Les causes
- Tradition et culture (rite de passage à l’âge adulte, préparation au mariage)
- Fausses croyances religieuses et superstitions
- Pression sociale et contrôle de la sexualité des femmes
- Volonté de préserver la « pureté » de la future mariée
Les conséquences médicales et psychologiques
- Dyspareunie (rapports sexuels douloureux)
- Formation de chéloïdes (mauvaises cicatrisations)
- Stérilité liée aux infections chroniques
- Frigidité
- Accouchements difficiles, fistules vésico-vaginales ou recto-vaginales
- Déséquilibres psychiques (anxiété, irritabilité)
- Hémorragies graves lors de l’ablation
- Risque accru de transmission du VIH/Sida à cause d’instruments souillés
Comment et qui pratique l’excision ?
Selon la classification de l’OMS, il existe quatre types de MGF :
- Type I : excision du prépuce clitoridien avec ou sans ablation du clitoris
- Type II : clitoridectomie (ablation du clitoris + petites lèvres)
- Type III : infibulation (ablation clitoris + petites lèvres + partie des grandes lèvres, puis suture)
- Type IV : pratiques diverses (cautérisation, perforation, introduction de plantes, etc.)
👉 La pratique est généralement réalisée par des exciseuses traditionnelles.
Quelles sont les régions du Niger les plus touchées ?
Les zones où la prévalence reste élevée sont :
- Tillabéri
- Diffa
- Niamey (communauté urbaine)
Pourquoi le phénomène persiste-t-il malgré la lutte ?
- Pression sociale et poids des traditions
- Tabou autour du sujet
- Amalgames avec la religion musulmane
- Superstitions et résistances culturelles
Y a-t-il des sanctions prévues contre les auteurs et complices ?
Oui. Depuis 2003, le Niger a intégré dans son Code pénal (loi n°2003-25, révisée en 2006) un chapitre composé de trois articles (232.1, 232.2, 232.3) qui répriment sévèrement les auteurs et complices de MGF.
Quelles actions mène le CONIPRAT ?
Le CONIPRAT (Comité Nigérien sur les Pratiques Traditionnelles néfastes à la santé des femmes et des enfants) mène plusieurs actions avec l’appui de partenaires :
- Sensibilisations communautaires et formations
- Dialogues et plaidoyers auprès des leaders traditionnels et religieux
- Reconversion des exciseuses
- Approche communautaire de protection de l’enfant
- Mise en place de groupements féminins et octroi de micro-crédits
Ces efforts ont permis des déclarations d’abandon par des communautés et une réduction de la prévalence nationale : de 5 % en 1998 à 0,7 % aujourd’hui. Toutefois, des disparités persistent selon les régions et les ethnies, avec des taux allant de 12,5 % à 65 %.



